Chaque année, entre octobre et mai, de nombreux limicoles viennent de l'hémisphère nord pour hiverner sous nos latitudes après avoir niché dans les zones arctiques.

Les vastes mangroves, vasières, tannes et plaines salées de la région située entre Pouembout et Voh (VKP) offrent un habitat particulièrement favorable à ces oiseaux migrateurs, avec une nourriture abondante. Ces derniers doivent absolument reconstituer leurs réserves d'énergie avant d'entreprendre le voyage de retour de plusieurs milliers de kilomètres vers leurs sites de nidification, aux confins de la Sibérie, de la Mongolie ou de l'Alaska.

D'importantes troupes de limicoles ont pu être observées tout au long de cet été calédonien sur les rivages de VKP. C'est au sein d'un groupe de Tournepierres à collier qu'un oiseau marqué a été repéré.

Ce Tournepierre, porteur d'une bague métallique à une patte et de deux marques colorées à l'autre, a été observé entre janvier et février 2026. Grâce à une photographie favorable, sa marque a pu être lue. La combinaison des couleurs et la marque constituent un code unique permettant d'identifier individuellement l'oiseau et de retracer son parcours.

C'est avec beaucoup de surprise, de joie et d'émotion que Jun Hosoya, son bagueur, a découvert que le tournepierre qu'il avait marqué l'an dernier se trouvait ces dernières semaines en Nouvelle-Calédonie, en pleine forme.

L'oiseau a été bagué le 11 mai 2025 sur le site de Tourinoumi, dans la préfecture de Miyagi au Japon, à 7.000 kilomètres des côtes calédoniennes. Il était alors en plumage nuptial et en route vers sa zone de reproduction. Après la saison de nidification, il a entrepris sa migration vers le sud et a fait halte dans la région de VKP, où il a été photographié.

Cette histoire nous rappelle que ces grands migrateurs sont de véritables citoyens du monde !


Appel au civisme

Les limicoles sont menacés à travers le monde, notamment par la disparition de leurs habitats et de leurs zones d'alimentation. Urbanisation, drainage et assèchement des zones humides, pollutions ou dérangements sur les sites d'alimentation sont quelques exemples des perturbations auxquelles ces oiseaux sont exposés.

En Nouvelle-Calédonie, les pressions s'accentuent également. De Magenta à Nouméa, au Creek Salé à Pouembout, en passant par les vasières de Nakutakoin à l'embouchure de la Dumbéa, il n'est pas rare de voir les zones d'alimentation fréquentées par des chiens qui pourchassent les limicoles sous le regard complice et bienveillant de propriétaires indélicats.

Rappelons que ces oiseaux, qui ont parcouru en quelques jours plusieurs milliers de kilomètres, ont un besoin vital de s'alimenter en toute tranquillité afin de reconstituer les réserves nécessaires à leur voyage de retour.

Faire preuve de civisme en préservant la tranquillité de ces oiseaux permet de continuer à les voir revenir chaque année et contribue, à notre échelle, à l'effort mondial de conservation de ces espèces que nous partageons avec de nombreux pays.