Discret habitant des marais et des mangroves, le Blongios australien est bien présent en Nouvelle-Calédonie… mais il reste l’un des hérons les plus méconnus du territoire. Sa très petite taille (35 centimètres), son comportement furtif et son goût pour les zones humides denses le rendent particulièrement difficile à observer.

Si l’espèce est identifiée comme nicheuse en Nouvelle-Calédonie, les données de reproduction à l’échelle du pays restent exceptionnelles, et les observations directes de nids sont rarement documentées.

C’est pourtant une découverte de ce type qui vient d’être faite au bord du Diahot, dans le Grand Nord.

Lors d’une sortie dans la mangrove, Kayssane Martin, jeune observatrice de Ouégoa, a repéré par hasard un petit nid de la taille d’une assiette, construit sur les racines de palétuviers au-dessus de l’eau et dissimulé derrière le feuillage dense. Intriguée par le petit oiseau inhabituel qui s’y trouvait, elle a rapidement pris quelques photographies avant de s’éloigner afin de ne pas le déranger.

Transmises à la SCO pour identification, ces images ont permis de confirmer la présence d’un Blongios australien au nid, avec un poussin visible.

Selon les données actuellement disponibles dans les bases de la SCO, cette observation constitue la première preuve de nidification documentée de l’espèce en Province Nord, et surtout la première observation d’un poussin au nid pour cette espèce en Nouvelle-Calédonie.

 


Observer sans déranger : un principe essentiel


Les photographies de nids sont exceptionnelles dans les publications de la SCO, et ce choix est volontaire. L’observation ou la recherche active des nids peut en effet provoquer des dérangements susceptibles d’entraîner l’abandon du nid ou l’échec de la reproduction.

Dans le cas présent, la découverte est fortuite et l’observatrice a adopté le bon réflexe : quelques photos rapides, puis un retrait immédiat afin de ne pas perturber l’oiseau.

La SCO rappelle l’importance de respecter des pratiques d’observation responsables, en particulier pendant la période de reproduction. La règle la plus simple reste souvent la meilleure : ne pas s’approcher des nids et éviter toute recherche intentionnelle de ceux-ci.

Ces principes sont détaillés dans le code des bonnes pratiques d’observation publié sur le site de la SCO.

 


Une découverte citoyenne


Par son réflexe de transmettre ces images à la SCO, cette jeune observatrice a permis de documenter un événement rare et précieux pour la connaissance de l’avifaune calédonienne. De nombreuses avancées naturalistes reposent ainsi sur les observations réalisées sur le terrain par des habitants, des promeneurs ou des passionnés de nature.

Chacun peut contribuer, à son niveau, à améliorer la connaissance et la protection de la biodiversité en partageant ses observations.

Vous avez observé un oiseau inhabituel ou un comportement remarquable ? N’hésitez pas à transmettre vos observations à la SCO par mail (asso.sco@gmail.com), par Messenger (@Socaldor) ou sur notre plateforme nc.observation.org.