Après les séquences de formation au Parc provincial de la Rivière Bleue du début du mois de novembre, nouvelle étape du projet pour la conservation du Méliphage Toulou de la SCO soutenu par le Fonds de soutien de la Nouvelle-Calédonie aux associations œuvrant pour la biodiversité piloté par l'Agence Néo-Calédonienne de la Biodiversité (ANCB) : la prospection du Massif des Dzumac. Un week-end participatif dense, fait d’efforts, d’humidité, d’attente et de beaucoup de convivialité.
Les 22 et 23 novembre 2025 s’est tenu le premier week-end de prospection de la SCO à la recherche du Méliphage toulou dans le massif des Dzumac. La quinzaine de membres de la SCO formés en début de mois a répondu présent, bravant une météo incertaine, pour poursuivre la mission engagée avec le projet de la SCO : documenter la présence du Méliphage toulou, cet oiseau rare et peu connu, dans la région isolée des Dzumac.
Dès le samedi en début d'après-midi, après une revue du protocole au camp de base, les équipes ont rejoint leurs zones d’écoute en co-voiturage et en co-buggy, grâce au soutien logistique de Dzumac Tour, indispensable pour progresser sur les pistes les moins carrossables.

Revue du protocole au camp de base.
Malgré une météo annoncée variable à pluvieuse, le brouillard et l’humidité persistante n’ont jamais fait faillir notre équipe enthousiaste et portée par l’envie de participer à une démarche collective citoyenne. Plusieurs bénévoles ont passé la nuit en autonomie sur les zones les plus éloignées sur la piste de la rivière de Ouinné et du Mont Ouin, afin d’être au plus près de leur point d’observation et réaliser leurs écoutes à la tombée de la nuit et avant l’aube.
Ambiance... Crépuscule sur le Mont Ouin nimbé de brumes.
Et si le ciel était resté fermé toute la journée jusqu’en soirée le samedi, une récompense inattendue est survenue dans la nuit : Le vent a fini par chasser les nuages, offrant ciel nocturne sans pollution lumineuse, où la voie lactée s’étendait clairement au-dessus des crêtes. Un moment dans les Dzumac, qui a galvanisé les troupes dès leur réveil dominical.
Dimanche, levés avant 3 h du matin, les participants ont rejoint leur poste d’écoute quand ils n’y dormaient pas directement. Le chant du Méliphage toulou se faisant entendre près de 2 heures avant le lever du soleil, avant tous les autres oiseaux, les bénévoles ont affronté le froid et l’humidité pour maximiser les chances d’observation aux heures les plus favorables précédant l’aurore.

Massif du Mont Ouin au lever du soleil.
Le chorus matinal melant les vocalises des nombreuses grives perlées, monteurs de gamme, miros à ventre jaune et même la visite curieuse des échenilleurs de montagne ou d’un jeune émouchet bleu ont apporté une note de réconfort et d’émerveillement matilnal au cœur d'une sortie exigeante.
À la mi-journée, les équipes se sont retrouvées au camp de base autour d’un repas chaud et convivial pour partager leurs observations.
Le verdict est tombé : un seul toulou a été détecté durant ce week-end sur l’ensemble des douze points découte répartis dans la région et couvrant plusieurs centaines d’hectares de forêt. Ce premier constat est a priori peu rassurant quant à l’état de la population de Méliphages toulou dans cette zone reculée où l’habitat est pourtant favorable à l’oiseau.
Toutefois, l’absence de contact ne signifie pas absence de l’espèce, d’autant que le Toulou est connu pour avoir un territoire étendu d’une cinquantaine d’hectares. La recherche de cet oiseau mystérieux va donc demander patience, vigilance, multiplication des points d’écoute et répétition des sorties aux périodes opportunes.
Les recherches se poursuivront, avec la même détermination et le même engagement de la part des bénévoles impliqués. Ce premier week-end de prospection marque une étape importante d’un programme citoyen qui s’inscrit dans la durée, au service de la connaissance et de la protection du Méliphage toulou.
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