NEAOUARI
Raviver les sources et la vie

Une vallée discrète… et pourtant exceptionnelle
A Moindou, sur les contreforts de la chaîne centrale, la vallée de la Néaouari abrite l’un des ensembles forestiers les plus remarquables de la région. Ici, les forêts, les creeks et les reliefs forment encore un refuge pour une biodiversité exceptionnelle.
Cette vallée abrite une flore rare et fragile, notamment une des plus importantes populations sauvages connues de Chambeyronia oliviformis, le plus grand palmier endémique de Nouvelle-Calédonie, mais aussi de nombreuses espèces forestières remarquables, parmi lesquelles le Cagou, oiseau emblématique du pays.
Mais derrière l’apparente tranquillité du site, les équilibres écologiques se fragilisent rapidement.
Depuis plusieurs décennies, les pressions exercées par les espèces introduites, en particulier les cerfs et les chiens, perturbent profondément le fonctionnement naturel de la vallée : érosion des sols, fragilisation des creeks, destruction de la régénération forestière et prédation sur les Cagous…
Aujourd’hui, agir devient urgent. C'est l'ambition de ce projet porté par la SCO.

La vallée de Néaouari constitue un véritable réservoir de biodiversité au cœur de la commune de Moindou.
Une forêt qui peine à se régénérer
Dans une forêt en bonne santé, les jeunes arbres, les fougères, les lianes, les pandanus et les palmiers renouvellent naturellement le milieu.
Dans la vallée de la Néaouari, cette dynamique est fortement perturbée.
Les cerfs broutent intensément les jeunes pousses, piétinent les sols et empêchent peu à peu la régénération naturelle de la forêt.
Dans certains secteurs, le sous-bois a presque totalement disparu. Les sols se retrouvent directement exposés aux pluies et à l’érosion, tandis que les racines se déchaussent, fragilisant peu à peu les grands arbres.
À première vue, la forêt semble encore intacte. Pourtant, sans renouvellement du sous-bois et des jeunes arbres, c’est tout son avenir qui se fragilise progressivement.
Lorsque la forêt et ses sols s’appauvrissent, ce sont aussi les insectes, les reptiles, les oiseaux et toute la vie associée qui reculent.
Le projet vise à inverser cette trajectoire avant que ces dégradations ne deviennent irréversibles.
Une jeune plantule abroutie au milieu d’un sol dégradé par le piétinement des cerfs.
Dans certains secteurs, le sous-bois a presque totalement disparu sous l’effet du piétinement et du broutage des cerfs.
Le Cagou face à la menace des chiens
La forêt de la Néaouari abrite également des Cagous. Mais des chiens parcourent aussi cette forêt, où cet oiseau incapable de voler reste extrêmement vulnérable à la prédation canine.
En 2025, une attaque de chiens sur ce site a coûté la vie à un Cagou. Un autre individu blessé a pu être secouru, soigné puis relâché dans la vallée. Cet évènement largement relayé dans les médias a profondément marqué le public et a rappelé à quel point le Cagou reste vulnérable face aux chiens.
Ces attaques ne sont pas des faits isolés : partout où les chiens pénètrent dans les forêts, les populations de cagous peuvent s’effondrer rapidement.
Préserver la vallée de la Néaouari, c’est aussi permettre au Cagou de continuer à vivre dans ces forêts.
En 2025, un Cagou blessé à la suite d’une attaque de chiens a pu être secouru, soigné puis relâché dans la vallée.
➡️ A lire : “Alerte : attaque de cagous par des chiens errants à Farino”
Le Cagou dépend directement du bon état des forêts et de la maîtrise des pressions introduites.
Raviver les sources
La forêt ne protège pas seulement les espèces. Elle protège aussi l’eau.
Dans une vallée en bonne santé, les sols forestiers absorbent les pluies, ralentissent le ruissellement et redistribuent progressivement l’eau vers les sources et les creeks. Mais lorsque les sols se dégradent et se compactent, cet équilibre se fragilise.
Les sédiments, graviers et pierres emportés par le ruissellement viennent peu à peu combler les creeks. Leurs eaux, autrefois si limpides, se troublent de plus en plus jusqu’à prendre la couleur des terres qu’elles emportent.
Dans la vallée de la Néaouari, la forêt, les sols et l’eau forment un même système vivant. Lorsque l’un se dégrade, c’est tout l’équilibre du bassin versant qui s’affaiblit.
Préserver la forêt, c’est aussi préserver la capacité de la vallée à retenir, filtrer et restituer une eau de qualité.
Le projet porte cette idée simple mais essentielle : la santé des sources dépend directement de la santé de la forêt.
Les forêts jouent un rôle essentiel dans la protection des sources et de la qualité de l’eau.
Lorsque les sols sont dégradés, l’érosion s’accélère et fragilise les milieux aquatiques.
Une restauration fondée sur le génie écologique
Le projet Néaouari ne vise pas à artificialiser la vallée ni à transformer la forêt.
L’objectif est au contraire de permettre aux mécanismes naturels de reprendre progressivement leur place.
Pour cela, plusieurs actions seront engagées :
- réduction des pressions exercées par les cerfs et les chiens ;
- protection des secteurs les plus sensibles ;
- restauration progressive de certains habitats ;
- suivi scientifique participatif ;
- mobilisation citoyenne autour du site.
Cette approche s’inscrit dans une logique de génie écologique : agir avec le fonctionnement naturel des milieux plutôt que contre lui.
Un projet collectif
La restauration écologique ne peut réussir sans mobilisation humaine.
Le projet Néaouari rassemble autour de la SCO des propriétaires privés, des habitants de la région, des partenaires publics et institutionnels, des naturalistes, des bénévoles associatifs et des citoyens souhaitant agir concrètement pour la biodiversité calédonienne.
Dans les mois à venir, des chantiers participatifs, suivis naturalistes et actions de terrain seront progressivement proposés.
Parce qu’au-delà des espèces et des paysages, préserver Néaouari, c’est aussi préserver une part du vivant calédonien.
Le projet repose sur un travail de terrain mené avec les bénévoles, citoyens et partenaires. (photo d'illustration : inventaire participatif de la SCO).
Pourquoi agir maintenant ?
Une forêt peut mettre plusieurs siècles à se construire. Mais il suffit parfois de quelques décennies de déséquilibre pour l’affaiblir profondément.
À Néaouari, il est encore temps d’agir.
Chaque saison compte.
Chaque secteur préservé compte.
Chaque mobilisation compte.
Préserver Néaouari, c’est permettre à la forêt, aux sources et à la vie de retrouver leurs équilibres.
Vous pouvez agir !
Préserver la vallée de la Néaouari nécessitera du temps, de l’énergie et une mobilisation collective.
Dans les mois à venir, chacun pourra contribuer au projet à sa manière :
- en participant aux suivis naturalistes ;
- en rejoignant les futurs chantiers de terrain ;
- en soutenant les actions de restauration ;
- en relayant le projet autour de soi ;
- ou simplement en aidant à faire connaître cette vallée et les espèces qu’elle abrite.
Parce que restaurer un milieu naturel, c’est aussi recréer un lien entre les habitants et leur territoire.
Envie de participer à cette aventure collective ?







